CaptainCaptain PowerLights partie 5

Ca y est, on a tout. Le proto et le code. Essayons maintenant de faire tenir tout ça dans une robuste boîte au format pédale. N'oublions pas de nous occuper des lumières, aussi.

Épisode 5 : le produit "fini"

Attaquons tout de suite avec la partie vraiment ardue.

Le design industriel pour les nuls

J'aurais pu me contenter de remplacer la breadboard par une platine d'essai. Ça aurait été plus simple à fabriquer, mais ne m'aurait pas épargné de devoir router les pistes. Et puis de toute manière, la moitié de mes composants n'étaient pas compatibles avec le perçage des plaques, et autres problèmes de conception dont je vous ferai grâce. Qui plus est, Pierric d'ICI Montreuil avait tout le matos pour faire des belles PCB en DIY.

J'ai donc ouvert une de mes pédales du commerce pour voir comment c'est rangé à l'intérieur, et j'en ai plus ou moins copié le plan. Il a quand même fallu caser dans un espace le plus réduit possible :

  • 1 jack en entrée, 1 jack en sortie, disposés de façon à ne pas se gêner, respecter l'ergonomie classique des pédales d'effet (entrée à droite, sortie à gauche), éviter de les caser dans le trajet naturel des pieds du musicien
  • 1 Arduino avec ses deux prises à faire sortir du même côté : alimentation et gros USB-B
  • l'énorme XLR de communication avec les modules LED... et son alimentation puisque j'ai prévu que ça puisse aussi se faire par ce côté
  • 1 bouton on-off pour le circuit d'amplification
  • 2 LED témoins : fonctionnement de l'Arduino et tension de l'amplification
  • 2 potentiomètres
  • 1 énorme interrupteur à pied (stomp)
  • 1 pile 9v

Les pros font d'abord une 3D de tout ça mais comme je reste un petit bricolo improvisé, j'ai choisi une approche plus empirique. D'abord fabriquer les circuits, et ensuite le boitier sur-mesure pour les accueillir.

Les circuits imprimés, c'est pas si compliqué

...quand on peut utiliser Fritzing pour la finalisation des pistes. Avec mes composants rarement aux mêmes cotes que ceux de la bibliothèque du logiciel, j'ai vite dû abandonner l'idée. Solution de secours : importer la base faite sur Fritzing dans Illustrator, et redessiner tout ça proprement à la mesure de chaque composant.

Ensuite, impression à l'échelle 1 et simulation en carton pour voir ce que ça donne...

Tout cela étant bel et bon, fabriquons.

  • 1. Imprimer les circuits avec une imprimante laser sur une feuille de papier glacé
  • 2. Résoudre le bourrage papier qui s'en suivra
  • 3. Recommencer en n'oubliant pas cette fois de retourner le dessin
  • 4. Mouiller les feuilles, les appliquer sur une plaque de PCB recouverte de cuivre
  • 5. Appliquer fort un fer à repasser bien chaud. Il faut que l'encre se transfère sur la surface en cuivre
  • 6. Nettoyer la PCB des résidus de papier et la plonger dans un bain de perchlorure de fer (exactement comme au collège pour ceux qui étaient attentifs à l'époque). Celui-ci va attaquer la couche de cuivre qui n'est pas protégée par l'encre transférée, et donc révéler intactes nos belles pistes !
  • 7. Rincer, percer, souder

Tadaaa !

La meilleure partie de tout projet...

...c'est bien celle où l'on joue avec un gros laser et qu'enfin tout s'assemble parfaitement.

Maintenant que tous les composants sont soudés (et que le circuit fonctionne, n'allez pas tout refermer sans avoir testé) on peut dessiner avec précision l'objet final. Un bon vieux contreplaqué 3mm et un peu de colle à bois seront parfaits pour le job. N'oublions pas la déco, ça fait plus pro.

Pour les satellites on fait encore plus simple. Étant parti d'une bande de LED souple et protégée dans une gaine transparente, j'ai pu imaginer un système tout bête avec du velcro et des pupitres télescopiques premier prix. La petite boîte ne sert qu'à protéger l'électronique... et servir de support pour enrouler la bande de LED entre deux utilisations. Plus compact et léger que ça, c'était pas possible.

Même chose pour le bloc de LED principal, à savoir un logo lumineux. Pas si facile avec ses angles en oblique. Pour le coup, faire le brouillon dans un logiciel de 3D m'a quand même rendu service. Mais la prochaine fois j'opterai pour une conception plus simple avec une couche de peinture par-dessus pour masquer les raccords.

Une vidéo publiée par Captain Captain (@wearecapcap) le

Lumière !

Mais avant, un petit rappel du brief :

Faire de tout ça un objet facile à transporter.

J'avais bien ma petite idée avec ce logo dans cette taille, les satellites qui s'enroulent et les pupitres premier prix. Tout ça tient à merveille dans une housse de pedalboard et pèse dans les 3 kilos. 20m de câbles divers inclus.

Et maintenant ?

Déjà on se détend. C'était bien épuisant cette histoire.

Et puis on pense à la V2 :

  • Résoudre quelques bizarreries électroniques. Le potard de luminosité n'est pas fiable et celui du gain n'est peut-être pas super utile.
  • Changer la destination du potard de luminosité : dans le feu de l'action, on la met toujours à fond ! Il pourrait agir sur une autre variable du programme.
  • Réévaluer la nécessité du jack de sortie. Lorsque la pédale est montée en série parmi d'autres effets , il pourrait y avoir une altération du son. La faute à l'ampli intégré.
  • Se repencher sur le schéma d'alimentation pour fusionner les prises de l'Arduino et des LED en une seule. Et voir s'il est possible de supprimer la pile de l'ampli.
  • Améliorer le code : permettre plus d'effets visuels et plus de contrôle pendant le jeu qu'un simple on/off.

Le devoir va donc m'appeler à nouveau. Très bientôt !
(PS : n'oubliez pas de liker CaptainCaptain sur Facebook ( ͡° ͜ʖ ͡°)